Oui, vous pouvez modifier la quotité de votre assurance emprunteur en cours de prêt grâce à la loi Lemoine du 1er juin 2022, qui autorise le changement de contrat à tout moment et sans frais. La quotité est la part du capital assurée sur chaque tête. En pratique, la banque exige toujours une couverture totale d'au moins 100 % : elle valide facilement une hausse de protection, mais freine les baisses. Et surtout, en 2026, changer d'assureur fait souvent gagner bien plus (jusqu'à 30 à 50 % du coût de l'assurance, source CCSF 2025) que réduire sa quotité.
- La loi Lemoine (1er juin 2022) autorise le changement d'assurance, quotités comprises, à tout moment et sans pénalité.
- La banque impose une couverture totale ≥ 100 % : baisser sa quotité sous ce seuil est refusé.
- Passer de 50/50 à 100/100 coûte en moyenne +50 à +60 %, pas le double (baromètres 2026).
- Déléguer son assurance peut diviser le coût par 2 ou 3 en gardant une quotité 100/100.
- La banque dispose de 10 jours ouvrés pour répondre et ne peut refuser qu'en cas de garanties non équivalentes.
Peut-on vraiment changer sa quotité une fois le prêt signé ?
La réponse est oui, et c'est un point que beaucoup d'emprunteurs ignorent. La quotité désigne la part du capital emprunté couverte sur la tête de chaque co-emprunteur : en 100/100, chacun est assuré pour la totalité du prêt ; en 50/50, chacun ne l'est que pour la moitié. Ce niveau n'est pas gravé dans le marbre au moment de la signature.
Depuis la loi Lemoine du 1er juin 2022, tout emprunteur peut résilier son assurance de prêt immobilier et la remplacer à tout moment, sans attendre de date anniversaire ni payer de frais (loi n° 2022-270, Legifrance). Or changer de contrat, c'est aussi l'occasion de revoir la répartition des quotités : passer d'un 50/50 imposé par la banque à un 100/100 protecteur, ou l'inverse.
« L'assuré peut résilier sans frais son contrat d'assurance emprunteur à tout moment à compter de la signature de l'offre de prêt. » — Comité consultatif du secteur financier (CCSF), suivi de la loi Lemoine, 2025.
La seule contrainte, mais elle est de taille : la banque exige que le prêt reste couvert à 100 % au minimum au total. La somme des quotités des deux têtes ne peut jamais descendre sous ce seuil. C'est pourquoi une hausse de quotité passe presque toujours, tandis qu'une baisse est souvent bloquée (voir plus bas).
Dans quels cas modifier sa quotité en cours de prêt ?
Modifier sa quotité n'a de sens que si votre situation a changé depuis la signature. Les cas les plus fréquents que nous voyons en courtage :
- Écart de revenus qui se creuse : l'un des conjoints double son salaire ou l'autre passe à temps partiel. La quotité devrait suivre le poids réel de chacun dans le remboursement.
- Naissance d'un enfant : le foyer devient plus dépendant des deux revenus, ce qui plaide pour renforcer la couverture (passer d'un 50/50 à un 70/70 ou 100/100).
- Divorce ou séparation : celui qui conserve le bien doit se réassurer à 100 % sur sa seule tête (voir la section dédiée).
- Départ à la retraite proche : la disparition d'un revenu professionnel modifie l'équilibre du foyer.
- Contrat groupe surdimensionné : beaucoup de banques imposent d'office un 100/100 alors qu'un 80/80 suffirait — la marge d'économie est réelle.
Dans tous ces cas, la question n'est jamais seulement « quelle quotité ? » mais aussi « à quel prix, et chez quel assureur ? ». C'est là que se joue l'essentiel de l'économie.
Combien peut-on économiser en modifiant sa quotité ?
Voici l'exemple chiffré que nous détaillons le plus souvent, et qui surprend nos clients. Prenons un couple de 35 ans, non-fumeurs, avec un prêt de 250 000 € sur 20 ans. Comparons les quatre leviers possibles en cours de prêt :
| Levier en cours de prêt | Quotité | Coût annuel | Coût sur 20 ans | Protection |
|---|---|---|---|---|
| Contrat groupe initial | 100 / 100 | ~1 700 € | ~34 000 € | Maximale |
| Baisser la quotité (même assureur) | 70 / 70 | ~1 190 € | ~23 800 € | Réduite |
| Déléguer (nouvel assureur) | 100 / 100 | ~500 € | ~10 000 € | Maximale |
| Déléguer + ajuster la quotité | 80 / 80 | ~400 € | ~8 000 € | Élevée |
Estimations marché 2026 pour un couple 35 ans non-fumeurs, prêt 250 000 € sur 20 ans. TAEA contrat groupe ≈ 0,34 % du capital initial, TAEA délégation ≈ 0,10 %. Chiffres indicatifs, à confirmer par devis.
La leçon est claire : baisser sa quotité de 100/100 à 70/70 chez le même assureur fait économiser environ 10 000 €… mais réduit la protection. À l'inverse, déléguer son assurance en gardant le 100/100 fait économiser près de 24 000 € sans rien perdre en sécurité. Le vrai levier n'est donc pas la quotité, mais le taux. Cette nuance, rarement mise en avant ailleurs, change complètement la stratégie.
À l'échelle du marché, l'assurance représente 25 à 35 % du coût total d'un crédit immobilier (CCSF, 2025), et les contrats en délégation sont en moyenne 30 à 50 % moins chers que les contrats groupe des banques. Sur la durée d'un prêt, cela pèse souvent plus lourd que le choix de la quotité elle-même.
Quotité, taux, garanties : comparez avant de décider
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C'est le point de friction principal, et il est logique du point de vue du prêteur. La banque a exigé une couverture minimale pour sécuriser sa créance. Toute baisse de quotité qui ferait passer la somme des têtes sous 100 % augmente son exposition au risque en cas de décès ou d'invalidité d'un emprunteur.
Concrètement :
- Passer d'un 100/100 (200 % au total) à un 80/80 (160 %) reste au-dessus du seuil : c'est généralement accepté.
- Passer d'un 100/100 à un 50/50 (100 %) est à la limite : la banque peut l'accepter mais l'examine de près.
- Vouloir qu'un seul co-emprunteur porte 100 % et l'autre 0 % est presque toujours refusé sur un prêt à deux, car cela laisse la moitié du foyer sans couverture.
La banque ne peut en revanche pas refuser un nouveau contrat qui maintient ou augmente la couverture, dès lors que les garanties sont équivalentes aux siennes selon les 18 critères du CCSF. C'est le sens même de la loi Lemoine.
Comment procéder concrètement pour modifier sa quotité ?
La démarche est identique à un changement d'assurance classique — car techniquement, modifier sa quotité passe par la souscription d'un nouveau contrat. Voici les étapes :
- Demandez un devis auprès d'un assureur alternatif ou d'un courtier, en précisant la nouvelle répartition de quotité souhaitée.
- Vérifiez l'équivalence des garanties avec votre contrat actuel (décès, PTIA, IPT, IPP, ITT) : la banque juge sur ces 18 critères, pas sur le prix.
- Souscrivez le nouveau contrat et transmettez-le à votre banque avec votre demande de substitution.
- La banque a 10 jours ouvrés pour répondre. Un refus doit être motivé par un défaut d'équivalence ; l'absence de réponse motivée est sanctionnable.
- La bascule est effective à la date d'effet du nouveau contrat, sans interruption de couverture.
Pour comprendre en détail le mécanisme de résiliation, consultez notre guide Changer d'assurance emprunteur avec la loi Lemoine, ainsi que notre article sur la délégation d'assurance en cours de prêt. Le portail spécialisé loilemoine.com détaille par ailleurs le cadre légal de ce droit.
Quotité et divorce : comment se désolidariser du prêt ?
Le divorce est le cas où la modification de quotité devient incontournable. Si l'un des ex-conjoints rachète la part de l'autre (soulte), il doit se désolidariser du prêt : la banque libère l'autre de sa dette et le solo-emprunteur doit alors être assuré à 100 % sur sa seule tête.
Deux points de vigilance issus du terrain :
- La désolidarisation n'est pas automatique : elle suppose l'accord exprès de la banque, qui réévalue la solvabilité du repreneur. Sans cet accord, les deux ex-emprunteurs restent solidairement responsables de la dette, quotités d'origine comprises.
- Une nouvelle assurance individuelle est souvent nécessaire : la loi Lemoine permet de souscrire rapidement un contrat adapté à 100 %, parfois moins cher que l'ancien contrat groupe.
Si le rachat implique de renégocier ou refinancer le crédit lui-même, des simulateurs comme jerenegocie.com (renégociation de prêt) ou lecreditimmo.com (crédit immobilier) peuvent aider à chiffrer l'opération globale.
Pour aller plus loin sur le choix de la répartition idéale à la souscription, lisez aussi notre guide dédié : quelle quotité choisir pour emprunter à deux en 2026.