- 4 millions de Français vivent avec un diabète en 2022 (Fédération Française des Diabétiques).
- Loi Lemoine : pas de questionnaire santé si capital ≤ 200 000€/emprunteur ET fin de prêt avant 60 ans.
- Surprime moyenne diabète type 2 équilibré : +75% à +100% ; type 1 insulinodépendant : +100% à +150%.
- Convention AERAS : écrêtement à 1,4% du capital pour les revenus < 48 060€/an (1 part fiscale).
- La délégation d'assurance permet de quitter le contrat groupe bancaire à tout moment et de gagner 10 000 à 20 000€ sur la durée du prêt.
Pourquoi le diabète change la donne pour assurer son prêt ?
En France, plus de 4 millions de personnes vivent avec un diabète selon la Fédération Française des Diabétiques, et la prévalence du diabète traité pharmacologiquement atteignait 6,30% de la population en 2022 selon Santé Publique France. Cette pathologie chronique entre dans la catégorie des « risques aggravés de santé » côté assureurs : statistiquement, un diabétique présente un risque accru d'invalidité, d'incapacité de travail et de décès prématuré, ce que les compagnies d'assurance traduisent par une surprime ou, plus rarement, par une exclusion de garantie.
Concrètement, sans démarche spécifique, un emprunteur diabétique se retrouve face à trois scénarios chez le banquier :
- Acceptation avec surprime : le tarif est multiplié par 1,75 à 2,5 selon le profil ;
- Acceptation avec exclusion : la garantie incapacité ou invalidité ne couvre pas les sinistres liés au diabète et ses complications ;
- Refus pur et simple du contrat groupe bancaire, ce qui bloque l'obtention du prêt immobilier.
La bonne nouvelle : la législation française (loi Lemoine de 2022 et convention AERAS) a considérablement amélioré l'accès au crédit pour les profils à risques aggravés. Encore faut-il connaître les leviers et activer les bons.
Loi Lemoine : qui peut emprunter sans questionnaire en 2026 ?
Entrée en vigueur le 1er juin 2022, la loi Lemoine (loi n°2022-270) a supprimé le questionnaire de santé pour une partie des emprunteurs. Pour un diabétique, c'est souvent la solution la plus simple : aucune déclaration médicale, aucune surprime, aucune exclusion.
Deux conditions cumulatives doivent être respectées :
- La part assurée du prêt est inférieure ou égale à 200 000€ par emprunteur ;
- L'échéance finale du crédit intervient avant le 60e anniversaire de l'assuré.
Concrètement, un couple peut donc emprunter jusqu'à 400 000€ sans questionnaire en cas de quotité 50/50 sur chaque tête. Si vous êtes diabétique de type 1 ou 2, la suppression du questionnaire signifie que l'assureur n'a légalement pas le droit de vous interroger sur votre pathologie ni de moduler son tarif en fonction de votre état de santé. Vous payez le tarif standard, point.
Convention AERAS : comment ça marche concrètement ?
La convention AERAS (s'Assurer et Emprunter avec un Risque Aggravé de Santé) est un accord signé entre l'État, les fédérations bancaires et les assureurs. Elle s'applique automatiquement dès lors que vous remplissez un questionnaire santé et déclarez une pathologie aggravée, comme le diabète.
Le dossier passe alors par 3 niveaux d'examen :
- Niveau 1 : examen standard par l'assureur. Si refus ou surprime importante → niveau 2.
- Niveau 2 : ré-examen par les services médicaux spécialisés de l'assureur, avec recours à la grille de référence AERAS qui fixe des conditions standardisées d'acceptation pour certaines pathologies.
- Niveau 3 : pool de réassureurs qui mutualisent le risque pour les dossiers les plus lourds. C'est le dernier recours.
Le droit à l'oubli introduit par la loi Lemoine bénéficie principalement aux anciens malades du cancer et de l'hépatite C (5 ans après la fin du protocole thérapeutique), mais le diabète n'est pas concerné par ce dispositif puisqu'il s'agit d'une maladie chronique non « guérissable » au sens médico-légal.
L'écrêtement de surprime : un mécanisme sous-utilisé
Pour les revenus modestes, la convention AERAS prévoit un dispositif d'écrêtement qui plafonne la surprime totale. En 2026, vous y êtes éligible si :
- Vos revenus annuels imposables (N-1) sont inférieurs à 48 060€ pour 1 part fiscale (le plafond est ajusté selon le nombre de parts) ;
- Le prêt finance votre résidence principale ou un local professionnel ;
- Le capital total emprunté ne dépasse pas 320 000€.
Quand l'écrêtement s'applique, la prime d'assurance globale ne peut pas dépasser un taux de 1,4% du capital initial du prêt. Le surcoût est pris en charge par un fonds mutualisé alimenté par les assureurs et les banques.
« La convention AERAS garantit l'accès au crédit pour les personnes qui présentent un risque aggravé de santé. Elle a fait l'objet de plusieurs avenants pour élargir son champ d'application, notamment au profit des personnes atteintes de pathologies chroniques comme le diabète. » — Service Public, fiche pratique « Convention AERAS », service-public.fr
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Obtenir mon tarif →Quelles surprimes pour un diabétique en 2026 ?
Le tarif appliqué dépend de plusieurs facteurs : type de diabète (1 ou 2), équilibre glycémique (HbA1c), ancienneté de la maladie, traitement (insuline ou non), présence de complications (rétinopathie, néphropathie, neuropathie), âge, IMC, tabagisme. Voici les fourchettes constatées sur le marché en 2026 :
| Profil | Surprime moyenne | Taux annuel* | Coût total assurance** |
|---|---|---|---|
| Standard (référence) | 0% | 0,30% | ~9 000€ |
| Diabète type 2 équilibré, sans complication | +75% à +100% | 0,52% à 0,60% | ~15 600€ à 18 000€ |
| Diabète type 2 avec complications | +100% à +150% | 0,60% à 0,75% | ~18 000€ à 22 500€ |
| Diabète type 1 insulinodépendant équilibré | +100% à +150% | 0,60% à 0,75% | ~18 000€ à 22 500€ |
| Diabète type 1 avec complications sévères | +150% à +300% ou exclusion | 0,75% à 1,20% | ~22 500€ à 36 000€ |
* Taux indicatif sur capital initial pour un emprunteur de 35 ans non-fumeur, prêt 200 000€ sur 20 ans, garanties DIM. ** Coût cumulé assurance sur 20 ans, hors écrêtement AERAS.
Sur un crédit de 200 000€ sur 20 ans, un diabétique de type 2 paye en moyenne 6 600 à 9 000€ de plus qu'un emprunteur standard via le contrat groupe de la banque. Et c'est précisément là que la délégation d'assurance devient cruciale.
Comment faire baisser le coût de son assurance ?
Trois leviers concrets pour un emprunteur diabétique en 2026 :
1. Mettre en concurrence les assureurs alternatifs spécialisés
Le contrat groupe bancaire est mutualisé : la banque applique souvent une surprime forfaitaire peu négociable. À l'inverse, les assureurs alternatifs (April, Cardif, Metlife, SwissLife, Generali, etc.) ont des grilles médicales fines et certains se positionnent spécifiquement sur les risques aggravés. Sur 5 devis comparés, l'écart de surprime peut atteindre 50 points entre le meilleur et le moins bon.
2. Activer la loi Lemoine pour la délégation
Depuis septembre 2022, la loi Lemoine permet de changer d'assurance emprunteur à tout moment, sans frais et sans attendre une échéance. Si vous avez signé un contrat groupe bancaire avec surprime il y a 1 an, 5 ans ou 10 ans, vous pouvez résilier dès demain et basculer vers un contrat alternatif moins cher (à garanties équivalentes).
3. Soigner la présentation de son dossier médical
Un dossier bien préparé fait baisser la surprime. Joignez :
- Vos 3 derniers résultats d'HbA1c (idéalement < 7%) ;
- Le dernier compte-rendu de consultation diabétologue ;
- Le bilan annuel : fond d'œil, microalbuminurie, ECG ;
- L'ordonnance de votre traitement en cours ;
- Une note explicative si vous pratiquez une activité physique régulière (cela influence positivement le scoring).
Quelles erreurs éviter dans le dossier médical ?
Trois pièges classiques font perdre des milliers d'euros — voire le contrat lui-même :
- Ne pas déclarer son diabète en pensant « passer entre les mailles ». L'article L.113-8 du Code des assurances sanctionne la fausse déclaration intentionnelle par la nullité du contrat : aucune indemnisation en cas de sinistre, prime conservée par l'assureur. Voir l'article sur Légifrance.
- Accepter le 1er devis de la banque sans demander de délégation. Le contrat groupe est rarement le moins cher pour un risque aggravé.
- Oublier de demander l'écrêtement AERAS si vous remplissez les conditions de revenus. Ce n'est pas automatique : il faut cocher la case dans le questionnaire AERAS et fournir l'avis d'imposition.
Et la garantie invalidité spécifique ?
Si l'assureur ne peut pas couvrir les garanties invalidité classiques (PTIA/IPT/ITT) à cause de votre diabète, la convention AERAS prévoit une garantie invalidité spécifique. Elle vous couvre en cas d'invalidité ≥ 70% (vs 33% pour l'IPT classique), à un tarif intégré dans la cotisation. C'est une couverture moins large mais qui débloque l'accès au crédit.